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Voyager seule en Colombie quand on est une fille – conseils et astuces

Crimes, règlements de compte, trafic de drogue, enlèvements, corruption… La Colombie a longtemps été l’un des pays les plus dangereux au monde. Il y a une vingtaine d’années de cela, le tourisme était presque inexistant et il ne valait mieux pas y voyager seule. Les farcs, les cartel, Pablo… autant de trucs pas cools qui ont sali la réputation de ce pays à jamais. Mais à quel point cela reflète-t-il la réalité aujourd’hui ? Avec des antécédents pareils, même aujourd’hui la Colombie est encore victime de ces douloureux souvenirs. Et pourtant, ce pays a tant à partager… si seulement on lui donnait une chance.

voyager seule_guideOn m’a dit de ne pas y aller, car c’était trop dangereux et qu’une fille ne devrait pas voyager seule dans des pays comme ça. Malgré tout j’ai tenté l’aventure et suis partie vagabonder dans tout le pays, en sac à dos pendant trois semaines. Et vous savez quoi ? J’ai vécu des choses incroyables et c’est l’un de mes meilleurs voyages en termes de découvertes et expériences humaines. Après ce voyage en solo (mais pas tant que ça), voici mon verdict et mes conseils, pour réussir son voyage toute seule en Colombie.

Faire quelques recherches avant de partir pour mieux s’approprier les lieux

Avant d’entamer mon voyage, je connaissais très mal la culture de l’Amérique latine. J’essayais de faire abstraction de toutes ces choses négatives que j’entendais. Mais c’est la première fois que j’allais voyager seule et j’ai préféré faire quelques petites recherches en amont. Je voulais connaître au moins les bases et savoir à quoi m’attendre. Pour ne pas tomber dans la paranoïa pour autant, j’ai évité de centrer mes recherches sur ce qui n’allait pas dans le pays. Et me suis plutôt penché sur ce qui allait bien. A la recherche de témoignages, j’ai lu des blogs d’autres filles (et garçons) qui voyagent seuls et qui ont visité la Colombie récemment. C’était surement pour me rassurer au début, mais plus je lisais, plus j’étais convaincue que c’était une destination géniale.

Ce qui m’intéressait surtout, c’était le voyage en sac à dos… un peu libre, un peu hippie. Comme pour tous mes voyages, je ne voulais pas de trucs organisés, dans des hôtels avec des groupes et des guides et des autocars pour touristes. Je voulais être flexible, pouvoir aller où je veux et quand je veux et rencontrer des locaux et d’autres voyageurs. Alors, je me renseignais auprès des voyageurs solos, qui ont une expérience du voyage beaucoup plus authentique, voire plus sauvage.voyager_seule_avion

Partir sans aprioris, apprendre sur place

Mes recherches m’ont conduites vers des personnes parfois d’origine colombienne, qui m’ont dit beaucoup de choses bien, que j’ignorais. Beaucoup de témoignages touchants et des souvenirs qui semblent magiques. De ce fait, je suis partie plus rassurée et plus parée à affronter nos différences. Voyager dans un pays sans aprioris, aide à pleinement profiter de son voyage et laisse place à la découverte et à la spontanéité.voyager_seule_drapeau

Pas que j’avais des aprioris sur la Colombie avant, je pensais juste que c’était un peu craignos. Je savais en revanche, que c’est très joli et naturel. Moi qui adore la rando, c’était sûr que la Colombie avait du potentiel au moins de ce côté là. L’idée était surtout de partir loin de chez moi, au soleil et voir du beau paysage. Et puis bah… si je me fais tuer au passage, tant pis ! #joke.

Mais ce que j’ai découvert a été au-delà de mes espérances. A part la drogue et les crimes dont tout le monde parle tant ici, il y a de magnifiques paysages, un temps ensoleillé toute l’année, des fruits et légumes succulents à tomber par terre, un bon parfum de café et surtout, l’inimitable sourire des colombiens, éclatant et plein de joie.

Discuter avec des colombiens et leur poser les questions qui nous tourmentent le plus

On a facilement accès à l’information aujourd’hui et les réseaux sociaux en sont une source excellente. On peut aisément trouver des communautés, des groupes publics, des forums, ou même des connaissances via des amis etc. J’ai pu ainsi discuter avec des colombiens et poser toutes les questions que je voulais. Je ne le fais pas pour tous mes voyages, c’était d’ailleurs la première fois. Mais j’avais envie d’éclaircir quelques points importants avant de me lancer.

Se renseigner un peu à l’avance sur le pays et discuter avec des colombiens, est en fait une bonne idée. Je ne voulais pas me spoiler le voyage, je voulais découvrir sur place aussi. Cependant, je conseille tout de même de connaître au moins des choses basiques sur leur culture et leur fonctionnement. De ce fait, quand j’ai mis les pieds en Colombie, j’étais beaucoup plus à l’aise et sereine dès le départ. La sympathie des gens ne me faisait pas peur, au contraire, c’était étonnamment impressionnant. Heureusement qu’on m’en avait parlé avant, ça m’a évité d’être « sur mes gardes » pour rien.

Surtout en tant que (ancienne) parisienne, je suis une pro de la méfiance. Quand les gens sont trop aimables et insistent pour m’aider, je trouve ça louche. Bah pas ici. Si on te propose de l’aide il faut accepter (pas n’importe quoi non plus évidemment), si les gens viennent discuter avec nous, il faut répondre et pas prendre ses jambes à son cou et s’enfuire en pensant qu’on veut nous agresser.

Apprendre à voyager seule en voyageant !

voyager_seule_caféVoyager seule fait peur au début, mais visiter des pays comme ça fait vachement relativiser. On se rend compte que le monde n’est pas aussi mauvais qu’on le pense et on peut souvent être agréablement surpris. Les colombiens m’ont appris à être moins suspicieuse et être plus ouverte aux autres. Cela m’a aidé plus tard dans le voyage à faire des connaissances avec des locaux plus facilement et profiter de leurs conseils que je n’aurais jamais eu, si je ne leur avais pas fait confiance au départ. Les colombiens font généralement preuve d’une bienveillance inconditionnelle, alors il faut en profiter 😉

Au-delà du côté « social », c’est surtout une découverte d’une culture très différente de la mienne et c’est l’aspect « humain » qui m’a le plus séduit.

Je rappelle cependant, qu’il ne faut pas être naïf non plus. Je ne dis pas que c’est ok de suivre un monsieur bizarre la nuit dans un coin glauque. Il faut trouver ce juste milieu, entre la naïveté et la psychose. Et toujours être à l’écoute des conseils des locaux, se renseigner sur les quartiers et choses à faire absolument, ou au contraire, à éviter.

En leur parlant, j’ai pu ainsi dresser une liste rapide des choses essentielles à connaître. Les colombiens sont vraiment serviables et se soucient considérablement et sincèrement des autres.

Ne pas flâner dans les rues tard le soir. Prendre des taxis

On ne le répète jamais assez, ne sortez jamais seule très tard le soir. Les colombiens ne le font pas eux-mêmes, alors pourquoi on le ferait ? Je me baladais toute la journée, puis quand le soir tombait, je voyais les rues se vider peu à peu. Habituellement, dès que le soleil se couche, les gens rentrent chez eux, ou bien sortent dans des endroits où il y a beaucoup de monde. Mais on verra rarement quelqu’un, surtout une fille, se balader seul(e) dans la rue le soir.voyager_seule_les_rues

Se déplacer en taxi le soir / réserver par téléphone et éviter de prendre n’importe quel taxi dans la rue. Ça, c’est un conseil que j’ai eu du mal à suivre tout au long de mon voyage. Quand j’étais dans un hostel et que je devais sortir le soir, je demandais à l’accueil de m’appeler un taxi, mais le reste du temps, je les chopais dans la rue. Tout s’est bien passé, mais les colombiens le déconseillent fortement. Car il y a beaucoup de taxis au black et c’est difficile de tracker en cas de problème.

Donc un soir, alors que les numéros des taxis ne répondaient pas, j’ai décidé d’aller en trouver un moi-même. Mais l’un des mecs de mon auberge est descendu avec moi et a arrêté un taxi pour moi. Il a discuté avec le chauffeur et s’est assuré que tout allait bien avant de me laisser monter dans sa voiture.

Une autre anecdote c’est au retour de cette même soirée. J’attrape un tacos à la volée et lui indique de façon approximative où se situe mon point de chute. Arrivés sur place, il me demande où exactement je devais aller. Je lui ai dit que c’est à une minute d’ici dans une rue parallèle et qu’il pouvait me laisser là. Il n’a pas voulu me laisser descendre et m’a ordonné de lui montrer l’endroit exacte. Puis il m’a déposé au pied de mon auberge et a attendu que je rentre dans la cour et referme la grille derrière moi. Une fois la grille claquée, il m’a fait un sourire et un signe de la tête avant de reprendre la route. Comme quoi, même les taxis eux-mêmes nous veulent que du bien.voyager_seule_le_soir

En tout cas, personne ne se déplace à pied tard le soir ici et le taxi n’est vraiment pas cher, donc pourquoi ne pas en profiter.

Faut-il éviter les bus de nuit ?

On dit que les bus de nuit peuvent être dangereux, car c’est la nuit et tout le monde à peur de la nuit ici j’ai l’impression. De plus, lorsqu’on est seul(e) et qu’on dort dans le bus, on est un peu exposé aux autres, ce qui n’est pas très rassurant. Là aussi je ne l’ai pas vraiment respecté et j’ai pris plusieurs bus de nuit au cours de mon voyage en Colombie. C’était un moyen de gagner du temps et de l’argent, car pas de chambre d’hôtel à payer et ça sauve une journée entière. Et j’aime bien regarder les images défiler avant de m’endormir ou le matin, avant d’arriver. Encore une fois, tout est allé comme sur des roulettes, je n’ai eu aucun problème !

J’utilisais la compagnie Busbud pour réserver mes places, mais il y en a surement d’autres. On peut aussi aller directement à la gare pour acheter son billet.

Où que vous alliez, on vous donnera plein de conseils pour tout. Faire attention dans les transports, faire gaffe aux arnaques. Ne pas aller dans des parcs où ils dealent le soir, faire attention à son sac… la liste est longue ! Mais le bus, moi personnellement je ne le déconseille pas  🙂

Être vigilante de jour comme de nuit et se fondre dans la masse

La première chose qu’on apprend quand on voyage seul (ou pas) en Colombie, c’est la vigilance. Souvent, les touristes ont tellement peur de se faire voler, qu’on peut presque lire sur leur visage qu’ils ont un macbook pro dans leur sac. Créant ainsi un aura autour d’eux, qui attire les pickpockets comme des mouches.

Il est fréquent que les colombiens vous disent de ne pas provoquer les voleurs en vous mettant en position de “proie”. Lorsqu’on paraît vulnérable et peureux, toutes les chances sont de notre côté pour se faire dépouiller.voyager_seule_musique_de_rue

Pour éviter les dégâts, il ne faut pas :

  • Porter des bijoux et objets de valeur visibles
  • Se méfier de manière directe des gens en vous accrochant à votre sac dès qu’ils passent à côté de vous
  • Se balader avec son gros appareil photo accroché à son cou
  • Faire des selfies à outrance avec son dernier iPhone
  • Se balader dans des rues sombres le soir, surtout seul(e)

Et si vous le faites, il y a une expression colombienne pour ça, c’est “dar papaya”. Ce qui veut littéralement dire “donner la papaye”. Qui peut se traduire par “se mettre dans la situation où vous invitez des voleurs à vous disposer gentiment de vos objets de valeur”. Alors, faites attention à votre papaye ! C’est un fruit de valeur, gardez le au chaud et tout ira bien ! 😉

Commentaires

Commentaires


  1. de bournonville

    18 mai

    Coucou, je pars en colombie pendant 2 mois cette été!
    Et je me demandais si point de vue vestimentaire il fallait se faire discret aussi ? Merci pour ta réponse ! :).

    • Kseniya

      19 mai

      Coucou ! Alors, pas trop non. Tu peux mettre des shorts, des jupes ou des débardeurs, car tout le monde le fait. Juste, évite d’être « trop » découverte si t’es toute seule. Les mecs mattent beaucoup, même s’ils ne sont pas trop chiants, évitons de tenter le diable 😉

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